C’était le premier morceau que La Cliqua enregistrait au complet, était-ce aussi la première expérience du Coup d’Etat Phonique en studio pour un projet, ou bien aviez-vous déjà de l’expérience en studio ?

Il ne s’agit pas là d’un morceau mais d’un freestyle. Après 20 ans, ma mémoire peut me jouer des tours, mais il me semble que les enjeux derrière ce titre étaient minimisés.

Toutefois à 19 ans, c’est une opportunité que d’apparaître sur un projet de Ticaret c’était la Mecque du Hip Hop.
Le problème de Coup d’Etat Phonique c’est qu’on rêvait tellement de sortir notre album que notre grande erreur fut de ne jamais jouer nos meilleures cartes au meilleur moment. La rencontre avec Arsenal devait donner lieu à notre première sortie qui n’eut jamais lieu. Nous n’avons eu droit qu’à un remix sur un vinyle partagé avec les Petit Boss. Dans la réalité, le Coup d’Etat Phonique était hyper inventif en terme de concepts et styles mais on manquait de précision. Booba était fortement inspiré de Method Man et derrière plusieurs de ses textes il y avait Egosyst, ce n’est pas le cas pour ALI.

Rappel nous comment s’est produit la rencontre entre les différentes entités de La Cliqua, Le coup d’Etat phonique au complet d’un coté, Chimiste, Brian et Clark de l’autre, et Rocca et Jelahee ?

Au départ il s’agit d’une rencontre lors d’un freestyle radio. Le style et les prods du Coup d’Etat Phonique étaient originaux et impactants. Pour ma part j’ai connu Rocca après avoir rencontré Chimiste, Brian, Daddy Lord C et Jelahee. Ca a du se jouer à 3 semaine près.

Malgré tout La Cliqua était vraiment un groupe, on faisaient tout ensemble. Numériquement Coup d’Etat Phonique étions plus nombreux mais l’esprit de famille qu’on défendait faisait qu’on créait une émulation forte. C’est sans doute ce qui nous mis en retrait.

Combien de temps s’est écoulé entre le passage à Ticaret au studio de Moda et Dan, pour l’enregistrement de ce morceau et la rentrée en Studio pour enregistrer Conçu pour durer ?

A ma connaissance il y a un ensemble de facteurs. Nos freestyles radio étaient dingues surtout je pense que c’est la B.O de la Haine et nos concerts (ou prise de mic forcés) qui nous ont conduit à rapidement enregistrer « Conçu pour durer » .

La Cliqua a-t’elle enregistré beaucoup de titres qui ne sont jamais sortit à l’époque ?

Il existe d’autre titres dont « J’active le flow » et quelques freestyles plus significatifs du niveau du groupe. Faudrait que je me refasse toutes mes archives.

Quels étaient les rappeurs américains que tu appréciais le plus et t’influencait à l’époque ?

Sur le titre mis en ligne par l’ABCDR j’entends ma période Hieroglyphics (Del the Funky homosapiens), Onyx et Trendz of Culture. Je suis content de mon évolution en 20 ans de travail.

Comment décrirais-tu ce qui pouvait faire la différence dans l’approche du rap, entre La Cliqua et les autres autres groupes du rap français de l’époque, qu’ils soient déjà installés sur la scène (Suprem NTM, Assassin, EJM, les Littles et Mouvement Authentik, Jimmy Jay / Solaar), ou bien en train d’émerger (Fabe / Sléo, Ménage à 3, etc.) ?

Globalement on ne cherchaient pas à immiter nos références françaises. Tous les groupes que tu as cité m’ont marqués, mais l’ADN de Coup d’Etat Phonique était un mix entre les Sage Po’ et les rappeurs de Yo MTV rap de l’époque. C’est en freestylant avec RZA au concert de Gravediggaz qu’on a commencé à comprendre que nous voulions créer notre propre technique pour dépasser nos mentors américains sans pour autant perdre notre identité française.